Nos Limites: introduction (extrait)

« Nos limites  » est ce livre de Gaultier, co-écrit avec Axel et Marianne, et consacré à l’écologie. Cet ouvrage propose de remettre l’homme au centre de la réflexion.

En exclusivité pour le JdV, voici un extrait issu de l’introduction. Merci aux auteurs !

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« Ce petit livre est né de notre expérience de Veilleurs et nous vous le confions comme tel. Notre intuition est simple : l’être humain ne saurait s’épanouir, ni même subsister, sans reconnaître humblement sa finitude, c’est-à-dire sans accepter les limites de sa condition. Aussi lui faut-il consentir à voir ses désirs circonscrits par la nature ou par la société. Des règles simples, stables et claires favorisent la vie commune : elles tempèrent les appétits individuels pour mieux rapprocher les personnes. Elles rythment, définissent, organisent, donnent sens et consistance à la vie sociale. En effet, « l’homme ne s’improvise pas » (Ernest Renan) : il a besoin d’enracinement et de fidélité, de normes intelligibles et fermes, pour n’être pas fétu balayé par le vent. Face à la menace de la « dissociété » (Jacques Généreux) dans laquelle chacun, faute de références et de valeurs communes, finit par vivre dans son coin, indifférent ou hostile, replié sur lui-même, seule la reconstitution d’un tissu dense de solidarités concrètes nous permettra de vivre ensemble et non pas à côté. Or, pour être authentique, toute solidarité requiert une communauté de destin, elle-même fondée sur la conscience d’appartenir à un même corps social, constitué de liens durables et vivants. Pour franchir le double obstacle du passéisme et du progressisme, quoi de mieux dès lors que la courte échelle ? Nous appuyer sur notre héritage pour dépasser les impasses de notre temps, voilà de quoi cultiver ce sentiment de continuité qui, grâce à « la possession en commun d’un riche legs de souvenirs », nous relie les uns aux autres, aux générations passées comme à celles à venir (Ernest Renan).

Accepter de dépendre des autres pour vivre plus simplement : voilà qui serait, loin de tout effet de style ou de mode, une vraie rupture, un vrai changement ! La courte échelle rapproche les individus à la base, elle élève sans éloigner, associe sans confondre. Elle est appui et projection, fragilité, secours et liberté. Elle permet de voir plus loin et mieux, d’avancer sans laisser de traces sur son passage. Cette simplicité discrète et directe nous semble le meilleur remède à la sophistication contemporaine qui, loin de combler nos désirs, altère notre rapport au monde. En effet, les innombrables artefacts qui sont devenus notre pain quotidien brouillent nos perceptions sans répondre à nos aspirations. Qui ne voit que le consumérisme débridé qu’encouragent les idéologies à la mode, non content d’abîmer irrémédiablement notre planète, produit plus de misère que de joie ? À rebours de cette mécanique qui tourne à vide (« travailler plus pour gagner plus »…), nous voudrions, modestement, à notre petite échelle, dessiner les contours d’un nouvel art de vivre fondé sur la limite et la sobriété… »

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