Nos raisons d’espérer: conclusion de « Nos Limites »

Après l’ introduction de « Nos Limites », nous publions maintenant un extrait issu de la conclusion de cet ouvrage co-signé par nos amis Veilleurs Gaultier, Marianne, et Axel.

Et vous? L’écologie intégrale, qu’en pensez-vous?

*

Face aux défis formidables que nous présente l’avenir, prôner l’écologie intégrale, c’est promouvoir une « éthique de la non-puissance » (Jacques Ellul) par laquelle l’humain assume sa petitesse face à un monde qu’il reçoit en héritage sans en avoir la possession. Notre espérance est profonde car partout se lèvent des personnes pour rappeler que l’homme ne saurait s’affranchir de ses limites sans menacer son avenir et trahir sa dignité. « Tôt ou tard, écrivait Bernanos en 1940, triomphera du Fer et de l’Or la douce et laborieuse patience de l’homme. Elle remettra le monde à notre mesure, elle refera un monde humain. »

Cela implique de préférer l’équilibre à la performance, l’héri­tage à la table rase, la confiance au contrat, la frugalité heu­reuse à la frustration et au dégoût… Aujourd’hui refréner ses pulsions de domination ou d’accaparement, c’est moins se résigner que se révolter. Face aux idoles du pouvoir et du pro­fit, qui se modère blasphème, qui se maîtrise résiste. Refuser de s’aliéner à ses fantasmes, d’entrer aux paradis artificiels que les marchands de pacotille et de chimère s’ingénient chaque jour à louer et à vendre, c’est reconnaître que le bonheur ne saurait être qu’intérieur et partagé. En effet, seule la vulnéra­bilité permet la solidarité, et seule l’interdépendance permet la communion, parce qu’elle exige le visage et le secours d’au­trui. L’altérité est le mystère de toute vie, le signe joyeux de notre finitude.

Face aux vieux rêves sans cesse renaissants de la toute-puis­sance de l’homme, l’heure est venue d’une authentique insur­rection des consciences qui s’organise, loin des indignations sélectives et des progressismes échevelés, en résistance radicale à l’empire des artefacts. Alors que certains idiots utiles entretiennent des clivages sans fondements, criant au moindre désaccord qui à la peste rouge qui à la peste brune, l’écologie intégrale est profondément politique, puisqu’elle a vocation à travailler à la convergence des luttes de tous les hommes de bonne volonté.

En effet, de la protection des embryons humains à la préservation des écosystèmes mena­cés, de la promotion de la parité parentale comme cadre privi­légié de la croissance des enfants au souci de ne pas faire peser sur les épaules des générations à venir le poids du saccage des ressources naturelles, il s’agit toujours de défendre le plus fra­gile contre les assauts de la technique sans âme et du marché sans loi. […]

N’oublions jamais que les mots humanité et humilité ont la même racine : humus, la terre.

Le bonheur des générations futures est à ce prix.

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Commentaires

  1. Mael
    4 août 2014 at 23 h 33 min

    il ne faut pas avoir peur de la technique, relisons Teilhard de Chardin, et voyons a travers la Technique, un outil au service de l’Humain qui lui même est un outil au service du divin …

    • Wilhelm du JdV
      6 septembre 2014 at 18 h 57 min

      Rappelons que la technique n’est en elle-même ni bonne ni mauvaise. Elle est, et c’est tout. C’est son usage qui lui donne son caractère moralement acceptable ou pas, comme nous le rappelle Ph. Poindron dans cette grande interview sur « Science et Conscience »:
      http://www.lejdv.fr/entretien-poindron-science-conscience/
      A (re)lire !

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